

Provigil est le nom de marque du modafinil, un médicament psychostimulant classé comme agent promoteur de l’éveil. Il est indiqué chez l’adulte pour améliorer la vigilance et réduire la somnolence diurne excessive associée à certaines pathologies du sommeil. Contrairement aux amphétamines classiques, le modafinil présente un profil pharmacologique distinct avec un potentiel moindre d’abus et de dépendance. Ce médicament est disponible sous forme de comprimés et est soumis à prescription médicale stricte.
Le Provigil (ou ses équivalents comme Modiodal en France) appartient à la classe ATC N06BA07. Il n’est pas un analgésique et n’agit pas sur la douleur. Son utilisation est réservée aux situations où le diagnostic de somnolence pathologique est confirmé par des examens spécialisés (polysomnographie, test de latence d’endormissement multiple, etc.).
Chaque comprimé de Provigil contient comme principe actif :
Excipients courants : lactose monohydraté, amidon de maïs prégélatinisé, croscarmellose sodique, povidone, stéarate de magnésium, cellulose microcristalline. Les comprimés sont blancs, de forme oblongue ou ronde, avec des rainures et des marquages spécifiques (« PROVIGIL » et dosage).
Présentations disponibles : boîtes de 30 comprimés (100 mg ou 200 mg). En France, les spécialités équivalentes (Modiodal, génériques comme MODAFINIL EG) sont commercialisées sous forme de comprimés à 100 mg.
Le Provigil est indiqué pour le traitement de la somnolence diurne excessive chez l’adulte dans les cas suivants :
Le traitement ne remplace pas les mesures non médicamenteuses (hygiène du sommeil, PPC). Le diagnostic doit être établi selon les critères de la Classification internationale des troubles du sommeil.
La posologie recommandée est de 200 mg une fois par jour :
Une augmentation jusqu’à 400 mg/jour peut être envisagée en cas de réponse insuffisante, mais sans bénéfice supplémentaire démontré de façon constante. Chez le sujet âgé (>65 ans), débuter à 100 mg. En insuffisance hépatique sévère, réduire la dose de moitié. Avaler les comprimés entiers avec un verre d’eau, avec ou sans nourriture.
La durée du traitement doit être réévaluée régulièrement (au minimum tous les 3 mois). Pas d’indication chez l’enfant et l’adolescent de moins de 18 ans.
Ne pas utiliser le Provigil en cas de :
Les effets indésirables sont classés par fréquence :
Tout effet indésirable suspecté doit être déclaré via le système national de pharmacovigilance (ANSM).
Le modafinil est un inducteur modéré du CYP3A4 et inhibiteur du CYP2C19 :
Éviter l’association avec l’alcool en raison du risque d’aggravation des effets sur la vigilance.
Surveillance particulière pour :
Le Provigil est inscrit sur la liste I et fait l’objet d’une surveillance particulière en France (prescription initiale hospitalière ou spécialisée en neurologie ou centres du sommeil).
En cas de surdosage (doses > 1000 mg), les symptômes incluent insomnie, agitation, confusion, hallucinations, tachycardie, hypertension. La prise en charge est symptomatique et de soutien en milieu hospitalier. Pas d’antidote spécifique.
Le mécanisme d’action exact du modafinil reste partiellement élucidé. Il inhibe la recapture de la dopamine via le transporteur DAT, augmente les taux extracellulaires de dopamine et de noradrénaline, et module les systèmes orexinergiques et histaminergiques sans effet amphétaminique direct. Il n’interagit pas significativement avec les récepteurs adrénergiques α1 de façon agoniste direct.
Pharmacocinétique : absorption rapide (pic plasmatique en 2-4 heures), biodisponibilité ~80 %, liaison aux protéines plasmatiques 60 %. Métabolisme hépatique (hydrolyse et oxydation) avec formation de métabolites inactifs. Demi-vie d’élimination ~12-15 heures (plus longue pour l’énantiomère R). Élimination principalement rénale (<10 % sous forme inchangée). Cinétique linéaire entre 200 et 600 mg.
L’efficacité du Provigil repose sur plusieurs essais randomisés contrôlés versus placebo :
Des méta-analyses confirment un bénéfice modéré sur la vigilance sans augmentation significative des événements indésirables graves.
| Médicament | Principe actif | Indications principales | Demi-vie | Potentiel d’abus | Effet sur la vigilance |
|---|---|---|---|---|---|
| Provigil | Modafinil (racémique) | Narcolepsie, SAOS résiduel, travail posté | 12-15 heures | Faible (classe IV aux USA) | Amélioration soutenue sans pic euphorisant |
| Nuvigil | Armodafinil (R-énantiomère) | Mêmes indications | ~15 heures | Faible | Durée d’action plus prolongée |
| Ritaline | Méthylphénidate | TDAH, narcolepsie (hors AMM en France pour somnolence) | 2-4 heures | Élevé (classe II) | Effet rapide mais plus court |
| Caféine | Caféine | Somnolence légère | 3-7 heures | Très faible | Effet modéré et transitoire |
Conserver à température ambiante (<30 °C), à l’abri de l’humidité et de la lumière. Durée de conservation : 3 ans. Ne pas utiliser après la date de péremption. Rapporter les médicaments non utilisés à la pharmacie.
Le Provigil est fabriqué par Cephalon (groupe Teva). En France, les spécialités équivalentes sont commercialisées par divers laboratoires (Cephalon France pour Modiodal, EG Labo, Biogaran, Viatris, etc.). Disponible uniquement sur ordonnance (liste I). Remboursement possible à 65 % selon indications. Prix indicatif : environ 38-40 € pour 30 comprimés de 100 mg (hors honoraires).
Le Provigil (modafinil) constitue un outil thérapeutique efficace et bien toléré pour la prise en charge de la somnolence diurne excessive dans la narcolepsie, le SAOS traité et le trouble du sommeil lié au travail posté. Son profil de sécurité est favorable par rapport aux stimulants classiques, sous réserve d’une surveillance rigoureuse des effets cutanés, psychiatriques et cardiovasculaires. Un dialogue régulier avec le médecin traitant ou le spécialiste du sommeil est indispensable pour optimiser le traitement et adapter la posologie. Ce médicament ne doit jamais être utilisé sans prescription ni partagé avec autrui.
Important : Les informations contenues dans cet article sont à titre informatif uniquement et ne remplacent en aucun cas l’avis médical personnalisé. Consultez toujours votre médecin ou votre pharmacien avant toute initiation ou modification de traitement.